Vue sur cour

Situé à Paris dans une cour pavée en trapèze dessinée en 1850 par M. Grosjean, cet ancien atelier a été réhabilité en appartement pour une famille. Dès l’entrée, le ton est donné par le travail sur la devanture dans des couleurs de bleus profonds.

Isabelle Pechoux a imaginé un grand espace salon ouvert vers la cuisine où l’on trouve, pour accéder à l’étage supérieur, un escalier colimaçon en fonte. La pierre a été décapée en gardant toutes ses aspérités, parfait refuge pour des sculptures antiques. Le mélange du bois au sol fait écho aux poutres qui ont retrouvé un aspect brut. Les luminaires précieux apportent de la légèreté et de la douceur dans cet authentique espace à l’image des propriétaires.

La cuisine reprend les mêmes codes où l’on juxtapose harmonieusement la rugosité de la pierre et l’éclat d’une crédence en carreaux de verre de la Maison Emery. Le tout est encadré par des touches de bois : des tabourets et une table de bar dessinée sur mesure sont posés sur un piétement en métal laissé, lui aussi, brut.

Au premier étage, le fil conducteur se poursuit dans les chambres via le travail sur la pierre, associée à des rideaux en laine qui lui apportent de la douceur. Les lampes en cuivre jouent la clarté et chaque détail de l’histoire de ce lieu est préservé.

Les salles de bain du sous-sol au premier étage continuent ce dialogue entre éclat lisse et rugosité contrôlée. C’est le cas du plan de travail en bois dessiné sur mesure qui garde sa tranche irrégulière, juste poncé et monté sur une structure en métal noir.

Enfin, au sous-sol, la chambre voutée encadrée de rangements est mise en valeur par les luminaires « infinito » de chez Davide Groppi, ruban très fin en acier inoxydable, hommage à l’art de Lucio Fontana.

Photos Hugo Pagnier

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